22 août 2013

David Rosenmann - Taub

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David Rosenmann-Taub est né le 3 mai 1927 à Santiago du Chili dans une famille d’origine juive émigrée de Pologne. Poète et compositeur de musique contemporaine, il étudie la philologie hispanique à l’Université et publie, à l’âge de 22 ans, son premier recueil, Cortejo y Épinicio, qui suscite l’engouement de la critique. Après le coup d’état de 1973, il quitte le Chili, voyage en Amérique latine et en Europe, puis s’installe aux États-Unis où il poursuit dans la discrétion une œuvre exigeante, originale et profonde, qui fait de lui l’une des grandes voix méconnues de la poésie contemporaine.

Il enregistre un grand nombre de ses compositions pour piano. Parmi celles-là: Abecechedario (Abécédaire), Morir para Nacer (Mourir pour Vivre) et Fuegos Naturales (Feux Naturels).
Il rassemble la collection de ses propres dessins exécutés au cours de sa vie, dont la série Alarde (Parade), et La Bofetada (La Gifle). Il continue à dessiner.
Il écrit d’abondance. Il révise le second, le troisième et le quatrième volume de Cortejo y Epinicio, La Mañana Eterna (Le Matin Éternel), et les douze volumes de Los Despojos del Sol. Il prépare une édition de El Cielo en la Fuente avec ses propres commentaires, et un livre de commentaires sur une sélection de ses poèmes, qui est en train d’être traduit en anglais et en français. Ses oeuvres poétiques, quand elles seront publiées dans leur totalité, compteront plus de quarante volumes.

En 2000, Corda, fondation à but non lucratif, est créée pour préserver, disséminer, et étudier l’oeuvre de Rosenmann-Taub.

En 2002, LOM ediciones publie une nouvelle édition de Cortejo y Epinicio (Volume I) ; en 2003, El Mensajero (Le Messager), Volume II de Cortejo y Epinicio ; en 2004, El Cielo en la Fuente et La Mañana Eterna (Le Ciel dans la Fontaine et Le Matin Eternel) en un seul volume, et País Más Allá (Pays Au Delà) ; en 2005, Poesiectomía (Poésiectomie) ; en 2006, Los Despojos del Sol, Anandas I et II (Les Restes du Soleil), et En un lugar de la Sangre (Dans un lieu du Sang), recueil accompagné d’un CD et d’un DVD; en 2007, Auge (Expansion) ; en 2008, Quince (Quinze), livre de commentaires par l’auteur sur quinze de ses poèmes, avec un CD dans lequel il les lit ; en 2011, La Opcíon (L’Option), volume III de Cortejo y Epinicio.

Traductions de son oeuvre et anthologies :

Italie : E poi, il vento, Andrea Lippolis Editore, anthologie bilingue de Sabrina Costanzo (2010)
Espagne : Me incitó el espejo, DVD Ediciones, anthologie de Álvaro Salvador et Erika Martinez (2010)
India: Quince, Kaurab editions, Kolkata, traduit en Bengali par Subrahnsu Banerjee (2010)
Mexique : El horizonte cruza la casa, Collección “La Abeja De Perséfone”, anthologie de Victor Toledo (2011)
France : Cortège et Épinicie, Éditions Bruno Doucey, édition bilingue de Cortjeo y Epinicio I, traduction de Luc Brébion (2011)
Argentina : Multiverso, Editorial Mansalva, anthologie de Jorge Monteleone (2012)

David Rosenmann-Taub est un vrai poète qui vit au milieu d'un monde dans lequel chaque apparition est doté d'un sens symbolique, ce qu'il fait, un peu contre son gré, le frère de ces innombrables actions, des moutons pour le serpent. 

La poésie s'est engagé poésie engagée, sans aucun doute. Attachée à la douleur de vivre, commis à la solidarité de la douleur. Entendre ce cri:

Man lèche ... la terre et la terre tombe à l'homme. 
L'homme pénètre dans la terre. 
Et le cri de la terre humidifie le front de l'homme.

La terre avec sa profonde cavité 
Lit de lumière, 
prépare sommeil. 
Nous devons dormir du sommeil de la terre 
Vous devez dormir. 
Dormant. 
Appuyer sur la terre 
un emplacement de front. 
Serrer les ongles et la bouche et de la soif 
la cascade terres du son 
sa boîte turbulent 
navigation de paix.

Comme cri de l'eau, le temps entre la terre des os. 
Va être endormi. 
Il se demande si la saleté goût de rêve. 
Et le dormeur ne sait pas s'il faut dire 
"I" 
ou de se taire ... 

[La parade nuptiale et Epinicio, première édition: LXVII de poème.]


Oscillant entre l'acceptation et le rejet radieux plein d'horreur, mais c'est la bonne attitude du poète et mystique. 

Ce lyrisme de l'agonie est très proche de notre cœur. 

PoéJ'ai remarqué que même la meilleure musique n'est composée que selon un seul point de vue et je me suis toujours demandé, « pourquoi pas deux ou trois ? ». L'art est précisément l'expression d'une volonté d'échapper à cette subjectivité limitée. Comment être plus objectivement subjectif et plus subjectivement objectif ? L'idée de « variations » manifeste implicitement l'intention de dire la même chose selon un autre point de vue. Dans le roman, cet effort d'échapper à la limitation de la subjectivité, de regarder le même sujet selon différents angles, a été mis en oeuvre par Proust : « Aujourd'hui, je ne suis pas la même personne que celle que je serai demain, et ce que je pense aujourd'hui n'est pas exactement ce que je pensais hier. » Comment s'approcher de cette vérité ? Je veux au moins tourner autour du sujet et ne pas l'observer uniquement sous un seul angle. La détermination d'arriver à ce résultat peut aussi être constatée dans le domaine de la peinture; c'est bien clairement le cas des autoportraits de Rembrandt, où il semble dire : « Le sujet de ce portrait change, non seulement extérieurement, mais aussi intérieurement. » Ceci a été l'une de mes motivations.


Si j'écoute un morceau de Beethoven, la Appassionata par exemple, je pense : « Oui, c'est vrai, lundi après-midi de trois à quatre heures. Mais que se passe-t-il à cinq heures ce lundi-là ? Le dirait-il de la même façon ? Et que penserait-il de ça un an plus tard? »

Un angle, qu'il soit grand ou petit, n'est qu'un angle. Pourquoi pas plusieurs angles ? Au moins peut-on s'y efforcer ! Je peux tourner autour d'une sculpture ; je ne la regarde que d'un côté et voilà ! Ce n'est pas comme ça qu'on regarde une sculpture ou quelqu'un. Comment dire que je connais quelqu'un si je suis en sa présence seulement pendant une minute ? Quelle que soit la profondeur de cette minute, je ne peut pas prétendre que je connais cette personne entièrement. Pourquoi ne pas rester avec cette personne une autre minute ou une autre journée ? Ces dernières années, j'ai composé de la musique comme de la sculpture sonore, traitant du même sujet sous de nombreux angles. Que je sache, personne d'autre ne s'est lancé dans une telle entreprise.


David Rosenmann-Taubsie amère et déchirante de David Rosenmann-Taub, proie, aujourd'hui, de toutes les angoisses de l'avenir.

Posté par chant45 à 17:09 - - Permalien [#]