15 février 2013

Simone Susskind

Portrait

Je suis une fille de réfugiés juifs d’Europe Orientale qui ont été des sans-papiers dans les années 30 et qui ont reconstruit leur vie en Belgique après avoir survécu au génocide nazi.
D’où ma sensibilité immédiate pour les sans-papiers et ceux et celles qui cherchent un refuge dans un des pays européens, que ce soit pour échapper à des conflits violents ou à la misère économique chez eux.

Je suis née à Bruxelles et j’y ai toujours vécu.

Mon identité

Mon identité juive a été à la base de mes engagements politiques et associatifs.
Pour moi, c’est une identité laïque, ouverte et humaniste et qui peut contribuer à améliorer les relations entre groupes d’origines diverses en partageant ses expériences et en développant une meilleure connaissance des « autres ».
C’est dans ce but que j’ai animé des groupes de discussion entre Juifs et Arabes à Bruxelles.

Durant des années, j’ai travaillé au Centre Communautaire Laïc Juif, dont j’ai assuré la présidence entre 1985 et 1996. J’y ai aussi pris de nombreuses initiatives dans le domaine culturel : festivals de culture, conférences, festivals de cinéma, colloques.

Israéliens et Palestiniens, une paix possible

La paix entre Israéliens et Palestiniens est pour moi un combat de tous les jours ; je sais depuis très longtemps, qu’il n’y aura pas d’avenir possible  pour les deux peuples sans une reconnaissance mutuelle de leurs droits et la création d’un état palestinien viable à côté de l’état d’Israël, dans le respect des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Des Palestiniens et des Israéliens se sont retrouvés à de multiples reprises à Bruxelles, dans le cadre d’initiatives que mes amis et moi-même avons prises.
J’ai réuni des femmes israéliennes et palestiniennes dans le cadre d’une rencontre qui a fait date : « Give peace a chance – women speak out » (mai 1989) et qui a mené à une réelle coopération sur le terrain malgré des obstacles parfois insurmontables.
Je travaille maintenant avec des femmes des deux peuples et des femmes de haut niveau international avec l’objectif qu’elles puissent influer les processus de négociations formels et informels, dans le cadre de la «Commission internationale des femmes pour une paix israélo-palestinienne juste et durable » (IWC).

Femmes et démocratie

J’ai toujours pensé que la démocratie ne peut être complète sans une participation équilibrée des femmes à tous les niveaux de la vie politique, économique et culturelle, que ce soit dans notre pays ou dans des régions où le chemin à parcourir est encore plus difficile.
J’ai eu la chance de mettre en présence des femmes européennes et des femmes du Sud de la Méditerranée et de construire avec elles des stratégies permettant un partage plus équitable des rôles et des responsabilités dans leurs sociétés.
C’est le Gouvernement belge qui a négocié, à mon initiative, et obtenu de la Commission européenne qu’elle accepte de lancer un programme euro-méditerranéen pour le renforcement des femmes dans la vie économique (2005).

Je suis de très près l’évolution et la prise de conscience chez les responsables politiques de la nécessité de prendre en compte l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les politiques de coopération, particulièrement avec les pays du monde musulman.
Je me suis impliquée dans le processus qui a mené au lancement d’un plan d’action pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans toutes les dimensions du partenariat euro-méditerranéen (Conférence ministérielle d’Istanbul, novembre 2006).

La musique adoucit les mœurs?

Music Fund : mes amis et particulièrement l’initiateur du projet de collecte d’instruments de musique pour la Palestine et Israël, Lukas Pairon, me considèrent comme une des « muses » du projet.

Sans exagérer, je pense que ce projet de coopération dans le domaine de l’enseignement de la musique, la distribution d’instruments de musique collectés en Belgique, en France et en Allemagne ainsi que la formation de luthiers en Palestine et en Afrique est une manière nouvelle et presque intime de nouer des liens avec des jeunes dans des pays en conflit.

Les droits de l’Homme

Le respect des droits humains est intrinsèquement lié à toutes ces actions. Je ne puis imaginer que ces combats aient la moindre chance d’aboutir dans des contextes non-démocratiques où règnent la corruption et les atteintes aux libertés fondamentales, où la liberté d’expression n’est pas respectée et où le pouvoir est assuré par des dictateurs.

Posté par chant45 à 17:22 - Permalien [#]